Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 18:23

Mis à jour le 8 juin 2016

Les « huiles tropicales » désignent les huiles de palme, de palmiste et de coco, qui sont en réalité des graisses végétales car solides à température ambiante. Ces « huiles tropicales » sont très riches en acides gras saturés, ce qui leur confère de la stabilité à la cuisson et une bonne conservation , mais elles ont mauvaise réputation car elles augmentent le taux de cholestérol et favorisent les maladies cardio-vasculaires. La plus riche de toutes en acides gras saturés est l'huile de coco - 86,5% d'AGS – pour 80% à l'huile de palmiste et 49,3% d'AGS à l'huile de palme. Cette dernière est la plus décriée à cause des dégâts de sa culture sur l'environnement.

Faut-il bannir ces graisses végétales de notre alimentation ?

En fait, cela dépend des individus et de leur régime alimentaire.

Les graisses saturées peuvent être intéressantes dans les pays froids ou pour la pratique des sports d'endurance à condition de ne pas dépasser un quart des apports totaux en lipides. Autrement, elles sont nocives.

Chez un omnivore qui apprécie les viandes persillées, le beurre, le fromage, les pâtes à tartiner et mange peu de poisson gras, consommer des produits riches en huile de palme ou de coco ajoutera une menace supplémentaire d'accident cardio-vasculaire, surtout si l'on est un fumeur stressé et en surpoids.

En ce qui concerne un végétarien - et plus encore un végétalien – consommant régulièrement des graines riches en oméga 3 (lin, chia, chanvre, noix) et utilisant de l'huile d'olive à froid (oméga 9), le risque encouru est beaucoup moins évident. Il lui faudra seulement modérer sa consommation de chocolat (une plaquette de chocolat noir contenant 20% d'AGS) et se méfier des substituts de viande ou de fromage. Les industriels ont en effet tendance à ajouter des huiles tropicales à ces produits, et c'est même l'un des principaux composants du « fomage » de Vegusto. Il faudra aussi être vigilant si l'on a subi une ablation de la vésicule biliaire, opération ayant tendance à provoquer une hausse du taux de cholestérol sanguin.

Dans leur livre « Becoming vegan », les nutritionnistes Brenda Davis et Vesanto Melina ont abordé cette problématique des huiles tropicales. Contrairement à certains auteurs alarmistes, elles notent que, dans les pays où ces huiles font partie du régime alimentaire traditionnel (comme le sud de l'Inde et le Sri Lanka pour l'huile de coco), les taux de maladies chroniques restent modérés. Elles ajoutent : « Lorsqu'elles sont consommées dans le cadre d'un régime à haute teneur en fibres, sans cholestérol et à dominante végétale, une utilisation modérée de la noix de coco ou d'autres aliments végétaux riches en acides gras saturés ne semble pas augmenter les taux de cholestérol ni le risque d'attaque cardiaque. »

Cependant, les nutritionnistes s'accordent pour estimer que les apports en acides gras saturés ne doivent pas dépasser 7 à 8% des apports caloriques quotidiens.

Ce qui doit être évité à tout prix, ce sont les graisses hydrogénées ou acides gras trans, qui favorisent à la fois l'obésité et les troubles cardio-vasculaires. « Chaque augmentation de 2% des acides gras trans était associé à une hausse de 71% des maladies cardiaques coronariennes fatales, mais cela était entièrement effacé par un ajustement des apports en fibres. » (Stephen Walsh commentant l'étude britannique de Alberto Ascherio).

Conclusion, les acides gras trans sont moins nocifs pour les végétariens ou végétaliens consommant beaucoup de légumes et de céréales complètes, que pour les omnivores consommant des céréales raffinées et peu de légumes.

Ces acides gras trans se rencontrent principalement dans les viennoiseries, les biscuits, les plats préparés industriels, les huiles de friture des fast-foods (pommes de terre frites, beignets, nuggets), les chips, ainsi que dans certaines margarines. Par exemple, la Végétaline est constituée d'huile de coco totalement hydrogénée. Autant d'aliments à éviter si ce n'est déjà fait.

Sources :

  • Brenda Davis, R.D. & Vesanto Melina, M.S., R.D., Becoming Vegan, Book Publishing Company, USA, 2000.

  • Stephen Walsh PhD, Plant Based Nutrition and Health, The Vegan Society, U.K., 2003.

  • Hélène Lemaire, Le bonheur est dans les huiles, éd. Quintessence, 2007.

  • Raphaël Titina, Guide de nutrition, Dangles, 2011.

  • Massimo Nespolo, Huiles végétales : savoir les consommer !, dans Alternatives végétariennes, N° 110, décembre 2012.

Partager cet article

Repost 0
Published by URTICA
commenter cet article

commentaires