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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 14:03

 

Qu'est-ce qui détermine le goût pour la viande ?

 

La tradition détermine largement l'utilisation de la viande comme aliment. Certains pays ont même fait de la viande la base de leur alimentation. Au départ, dans les sociétés sédentaires, la viande servait surtout à aromatiser des plats de légumes (choux, haricots...), pour finir au fil des générations par en devenir le principal ingrédient. Nos ancêtres étaient en grande partie végétariens par nécessité, la viande étant réservée aux jours de fête.

Depuis, la viande a envahit notre univers, et c'est comme une odeur de mort qui plane sur notre société. On prétend que l'homme a toujours mangé de la viande. Le fait qu'une coutume existe de longue date ne la justifie pas pour autant. Leur ancienneté ne valide pas les pratiques de l'excision en Afrique ou du mariage des enfants en Inde. Mais l'explication de nos comportements alimentaires n'est pas à rechercher en dehors de nous-mêmes.

 

Si l'on accepte de regarder la réalité en face sans passion, on s'aperçoit que les motifs habituels justifiant la consommation de viande sont fallacieux. Ainsi que je l'ai montré dans le livre Être végétarien, le bon choix ?, contrairement à ce qui est prétendu, la viande ne rend pas plus fort, mais plus agressif. D'ailleurs, la consommation de viande est fortement encouragée à l'armée. Manger de la viande ne serait-il pas une manière d'assouvir ses instincts sadiques ? Le sourire sardonique d'un jeune, en pantalon de treillis parachutiste, qui me parlait de son plaisir à manger de la viande semble le montrer.

 

Les techniques d'élevage d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec celles d'il y a un siècle. Et malgré les apparentes mesures d'hygiène, les animaux sont maintenus dans d'effroyables conditions, leur sort étant souvent pire que par le passé. En fait, toute l'industrie moderne de la viande s'appuie sur des actes de torture envers les animaux, depuis la conception par insémination artificielle jusqu'à l'abattage, en passant par le marquage, le parcage, l'alimentation et le transport. En mangeant de la viande, on permet à ces pratiques de perdurer.

 

Dans le monde occidental, ceux qui ont choisi d'être végétariens le sont généralement pour des raisons de santé, et depuis peu pour des motifs écologiques, l'environnement étant devenu à la mode. Combien se soucient du bien-être des animaux ? Invoquer la préservation animale, c'est presque briser un tabou, comme s'il était entendu que les animaux sont à notre disposition pour que nous puissions utiliser leur chair afin d'assouvir notre plaisir gustatif. Cette conception est tellement répandue que, aller à son encontre paraît suspect au plus grand nombre. Cela aboutit à mettre les gens dans l'embarras en éveillant leur sentiment de culpabilité. À cet égard, la doctrine catholique qui fait de l'homme le dominateur du monde animal tient une grande part de responsabilité dans la situation actuelle. Il n'y a guère que le bouddhisme qui se soit véritablement intéressé au sort de l'animal pour lui-même. Même l'hindouisme et le jaïnisme considèrent la non-violence envers les animaux comme un moyen de préserver sa pureté, la compassion étant souvent absente.

 

L'attraction que l'on peut éprouver pour la viande dérive de la violence qui est en nous. Lorsque cette violence sera vaincue, le goût pour les aliments carnés s'effacera de lui-même. Quand la consommation de viande paraîtra un acte odieux à la majeure partie de l'humanité, alors la Paix pourra revenir sur Terre.

Quelle humanité désirons-nous pour nos enfants ? Un monde de barbarie impitoyable, ou bien un monde gouverné par la compassion ? L'amour véritable que nous devons rechercher n'exclut pas les animaux, les plantes, ni les minéraux. Il inclut tous les êtres vivants.



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Published by ISISRET - dans TRIBUNE LIBRE
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