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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 14:20

 

Dans la lignée du documentaire « Meat the truth » (La vérité sur la viande), le Parti des Animaux (Pays-Bas) a publié un nouveau reportage intitulé « Sea the truth » (L'océan authentique). Il est surtout question de la disparition des poissons des océans. C'est un sujet que nous n'avons pas développé jusqu'à présent, mais qui est familier des téléspectateurs de l'émission Thalassa sur France 3, où la raréfaction générale du poisson dans les zones côtières est souvent évoquée.

Les spécialistes de la biologie marine estiment en effet que, si nous continuons à pêcher au rythme actuel, les océans seront vides dans 30 ans. Il n'y restera plus aucun poisson comestible.

« La meilleure chose à faire pour régler le problème est de cesser de manger du poisson ».

 

La surpêche

Les documents d'archive sur les morutiers de Terre-Neuve, tournés vers les années 1900, nous montrent des morues d'un mètre de long. À cette époque, les stocks de poissons paraissaient inépuisables. Sur le plateau continental, le long des côtes nord-américaines et dans le golfe de Gascogne, la densité de poissons d'alors est estimée par l'Université de Colombie Britannique à 10t/km². Un siècle plus tard, il en reste moins d'un dixième. La taille moyenne des morues avoisine désormais les 40 cm et les portugais vont bientôt devoir se passer de leur plat national : la brandade de morue. Entre temps la pêche, jadis artisanale et saisonnière, est devenue industrielle toute l'année, avec des outils technologiques comme le sonar laissant peu de chances aux poissons. Si un moratoire sur la pêche à la morue a été décrété par les autorités canadiennes à Terre-Neuve en 1992, les stocks ne sont toujours pas reconstitués. La faute non aux phoques, mais à la pêche à la crevette qui se pratique dans la même zone et détruit les jeunes morues.

D'un autre côté, les autorités européennes fixent des quotas de pêche supérieurs de 48% à ce que recommandent les scientifiques. Ceci afin de satisfaire les armateurs, qui survivent grâce aux subventions.

 

Rz_ALIM058.jpg

 

Des techniques de pêche destructrices

Il y a 50 ans, j'ai été invité à monter à bord d'un thonier dans le port de Concarneau. À l'époque, la pêche au thon se pratiquait encore à l'ancienne, au moyen de 2 grandes cannes déployées de part et d'autre de petits bateaux. Sur chaque canne était fixées des lignes en acier munies d'un double hameçon recouvert de poils aux couleurs vives. Le nombre des prises était alors limité et la population de thons pouvait se renouveler. Aujourd'hui, la pêche à la palangre consiste à lâcher en mer des lignes de plus de 100 km de long munies de milliers d'hameçons qui attrapent tout sur leur passage : tortues, requins, dauphins, oiseaux marins. Après une mort lente, ces prises indésirables sont rejetées à la mer, soit 40% du total en moyenne. Pour la crevette, c'est même 90% des prises qui sont rejetées !

Il existe cependant de rares lieux préservés comme Bonaire, dans les Antilles Néerlandaises, où une zone protégée permet à la faune sous-marine de survivre sur les côtes bordées de palétuviers. C'est même le paradis des plongeurs.

 

Quant au chalutage, il racle les fonds sous-marins où vivent les jeunes poissons, créant des déserts marins. Ainsi, le fond de la Mer du Nord est devenu stérile à force de chalutages répétitifs. On y ramassera bientôt plus d'os de mammouths que de poissons plats !

 

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La pollution

Connue pour ses dépôts d'ambre, la Mer Baltique est particulièrement polluée, du fait de sa situation fermée et de sa faible profondeur. Ainsi, du saumon suédois pêché dans la Baltique et contaminé à la dioxine s'est retrouvé illégalement sur les étals français durant 2 ans, distribué aux rayons poissonnerie des enseignes Carrefour et Intermarché. Or, ce poisson est dangereux, particulièrement pour les enfants et les femmes enceintes qui ne devraient pas en consommer.

Parmi les polluants les plus communs dans le poisson, on trouve : la dioxine, le PCB, le mercure, ainsi que les matières plastiques et radioactives. Les espèces les plus contaminées étant les grands prédateurs vivant près des côtes : anguilles, moules, et surtout thon et espadon . Les analyses montrent que ce dernier dépasse largement la dose de mercure autorisée dans l'Union Européenne. Il devrait être interdit à la vente.

Les polluants se concentrant chez les poissons prédateurs au fil de la chaîne alimentaire, la concentration en substances toxiques dans la chair des carnassiers peut atteindre 10 millions de fois celle de leur eau d'origine.

Ainsi, l'homme étant le plus grand prédateur, il absorbe inconsciemment toutes les saletés qu'il a déversées dans la mer considérée par lui comme une poubelle.

 

La cruauté

Il est commode pour l'amateur de poisson de considérer ce dernier comme un être primitif et insensible. Cela lui permet de traiter le peuple des mers à sa guise. Pourtant, les biologistes spécialistes de la faune marine démontrent le contraire.

Ainsi, le Pr Gert Flik, directeur du département de biologie animale à l'université de Nijmegen (Pays-Bas), qui fait des recherches sur la douleur et le stress chez les poissons depuis plus de 30 ans. Il a découvert que « les poissons éprouvent non seulement la douleur et le stress, ils sont aussi capables de faire preuve de mémoire à long terme » (3 mois).

 

Le gaspillage

Si cela n'est pas toujours clairement mentionné sur l'étiquette du poissonnier, la grande majorité du poisson proposé à la vente provient d'élevages et non plus de prises sauvages. Or, ce poisson est nourri avec des farines de poisson, tout comme les porcs et les poulets. Actuellement, c'est 100 millions de tonnes par an, soit 1/3 des prises mondiales, qui sont moulues pour faire de la farine de poisson et approvisionner les élevages. Pour produire 1 kg de saumon, il faut ainsi 3 kg d'anchois.

 

En outre, le réchauffement climatique s'ajoute à la pollution pour provoquer la destruction des récifs coralliens qui hébergent une multitude d'animaux marins.

 

L'homme détruit les forêts et les océans qui produisent la totalité de l'oxygène que nous respirons. Croyons-nous que nous pourrons perpétuer notre mode de vie sans graves conséquences ? Il est urgent d'adopter un mode d'alimentation non-violent et respectueux de la nature.

Songeons aux jeunes générations !


 

Rz_51.jpgPhotos Libres

 

 

Sea The Truth – durée 1 h00 v.o. sous-titrée français

Excellent documentaire sur l'état des océans assorti de magnifiques images sous-marines.


 

 

Pour approfondir le sujet de la surpêche, nous vous recommandons l'article suivant publié le 17 juin 2013 dans www.bastamag.com

 

 

 

 


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Published by ISISRET - dans TRIBUNE LIBRE
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