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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 20:10

 

 

C'est un sujet délicat et mon propos risque de déplaire à certains amis végétaliens ou de susciter l'incompréhension de lecteurs omnivores, mais j'exprime ici mon opinion en toute franchise, en essayant de ne pas froisser les susceptibilités.

 

 

De mon point de vue, le végétarisme ne saurait se limiter à une simple mode, une attitude alimentaire saine, ou un comportement éthique vis à vis de l'environnement. C'est surtout une marque de compassion à l'égard des souffrances endurées par le monde animal du fait de l'aveuglement humain. À ce sujet, le système d'élevage industriel est une aberration qui doit cesser.


 

Vers de nouvelles perspectives


En cette année 2012, notre société parvient à un point de rupture : l'ancien monde aux valeurs caduques vit ses dernières heures, tandis que le nouveau monde n'est encore qu'une ébauche. À notre époque d'insécurité, beaucoup n'ont pas encore compris que la violence faite aux animaux alimente la violence dans notre société. C'était la conviction de Pythagore et celle de Tolstoï notamment. En mangeant de la viande et du poisson, nous ne faisons que perpétuer en nous-mêmes la violence subie par ces animaux, laquelle finit par nous emprisonner dans le cahos d'un monde désespéré. Ce qui manque à notre société, c'est une réelle perspective qui permette aux gens de se projeter en avant vers un but perceptible.

Afin de voir un jour émerger un monde de fraternité dans lequel l'homme vivra enfin en paix avec la Nature, il faut désirer cet avènement avec ardeur. Il faut aussi savoir résister aux sirènes des médias qui tentent de nous formater en un individu conformiste et sans âme ; une sorte de robot. Cela fait tellement longtemps que nous sommes serviles, nous avons oublié notre véritable nature divine. Comment ne pas succomber à la peur - savamment orchestrée - quand tout s'écroule autour de nous ? Une mise à l'épreuve est inévitable, mais la foi doit nous permettre de résister au cœur de la nuit.

 

 

Les risques de dérive du végétalisme

 

Parmi les différentes tendances végétariennes, les végétaliens représentent une sensibilité particulière. Il y a chez les végétaliens une recherche de perfection qui rend parfois le dialogue difficile avec le monde des omnivores. On peut alors aboutir à une certaine forme d'absolutisme, avec des travers comme le cas suivant :

Durant l'été 2010, j'ai assisté à un pique-nique végétalien dans un parc parisien. J'espérais y faire des rencontres intéressantes et j'avais apporté un exemplaire imprimé de mon e-book dont je venais de terminer la rédaction. Mais un jeune végétalien me pris à partie, me reprochant avec véhémence, moi, simple végétarien, de continuer à consommer du fromage et des œufs. Je l'ai poliment mais fermement remis à sa place en lui indiquant qu'il se trompait de cible. Quelques instants plus tard, il m'avouait qu'il n'avait pas vaincu son attachement envers le goût de la viande et qu'il luttait désespérément contre cette tendance...

Cet exemple extrême montre les dérives intolérantes d'un régime trop restrictif mal contrôlé. Certes, la plupart des végétaliens sont des gens ouverts et tolérants, expérimentant dans leur quotidien la difficulté d'être en accord avec ses convictions. Pour ma part, je suis convaincu que les végétaliens sont les réincarnations d'anciens esséniens et cathares, ce qui explique que l'on retrouve chez eux les mêmes qualités, mais aussi parfois les travers de leurs prédécesseurs.

 

 

L'avis du peuple animal

 

Publié pour la première fois en 1994, le livre Le peuple animal  de Daniel Meurois et Anne Givaudan expose avec brio la philosophie du végétarisme, puis le point de vue des dévas des animaux (ou entités directrices du monde animal) sur le végétalisme :

"Le végétalisme, pour notre temps, n'a pas réellement de sens en lui-même dans la mesure où il se présente comme la radicalisation souvent trop rigide d'une éthique louable. Les produits laitiers et les œufs sont en fait des sortes de fruits que nous offre le monde animal. Il convient seulement de les consommer avec modération de façon à ne pas engendrer un excès de production qui génère à son tour une exploitation du monde animal par voie détournée".

Il convient toutefois d'apporter quelques réserves sur les produits laitiers mis en cause dans un grand nombre de maladies chroniques (intolérances digestives, infections respiratoires, maladies auto-immunes etc). À notre sens, le mode d'élevage a une grande importance sur la qualité du produit final.

 

 

L'impasse du militantisme athée

 

Certes, les végétaliens, et en particulier les végans, ont beaucoup à nous apprendre. Férus de diététique et des règles d'éthique bafouées dans le domaine de l'élevage industriel, ils peuvent servir d'exemples pour ceux qui sont en recherche. Le problème, c'est l'immaturité de certains d'entre eux, dont l'intolérance les porte parfois à vouloir convertir les autres systématiquement avec insistance, rappelant les dérives de missionnaires religieux. Ceux qui éprouvent un réel sentiment d'empathie à l'égard du monde animal sauront expliquer le problème à leur interlocuteur sans le juger.

Il me semble que les végans, en militants efficaces de la protection animale, n'ont pas nécessairement perçu toutes les implications spirituelles du problème. Le militantisme athée a tendance à s'enfermer dans un univers froid et lugubre et ne saurait expliquer tous les motifs qui nous ont menés à la situation actuelle, au delà du simple matérialisme.

 

 

Le rôle des animaux auprès de nous

 

Personnellement, je crois beaucoup dans la communication animale. Je pense qu'il est possible, sous certaines conditions, de dialoguer avec les animaux, par langage télépathique. Et que les animaux ont parfois une mission auprès de nous. Ils peuvent même avoir consacré leur vie à l'éveil de notre conscience. Car le peuple animal est victime des ténèbres dans lesquelles est plongée l'humanité et son salut passe par le nôtre. Cependant, le rôle des animaux n'est pas d'être asservis par l'homme, mais de lui servir d'assistant, de favoriser son ouverture d'esprit. Je suis même convaincu que de grands sages ont trouvé plus efficace de s'incarner à notre époque dans un corps animal plutôt qu'humain, afin de guider certaines personnes réceptives sur la voie de l'éveil. Cette évocation de la métempsychose pourra en scandaliser plus d'un. C'était pourtant une idée couramment admise dans la Grèce antique et elle demeure vivace dans l'Inde contemporaine. L'homme est tellement convaincu de sa supériorité vis à vis de l'animal qu'il ne perçoit pas sa propre déchéance. Pourtant, on a déjà vu des animaux se comporter comme des saints ou des héros, et nous avons beaucoup à retirer de leur enseignement. Ils paraissent même en attente de notre ouverture au monde surnaturel.

 

 

Le végétalisme : encore prématuré pour notre époque

 

Pour conclure, les végétaliens doivent faire preuve de plus de souplesse et de tolérance envers leurs contradicteurs, afin de ne pas s'enfermer dans une dialectique manichéiste qui ne ferait que crisper leurs adversaires, et aurait tôt fait de les transformer en martyrs. Afin de ne pas sombrer dans ce travers, il faut savoir faire preuve d'une grande humanité et rester ouvert au dialogue, sans classer les réfractaires dans la catégorie péjorative des carnivores.

En outre, il semble plus facile de convaincre le plus grand nombre en proposant un régime pas trop strict, qui inclut le fromage et les œufs consommés habituellement ; le régime végétalien paraissant trop austère à la majorité. Cette dernière a besoin de se reconnaître au moins partiellement dans un système qui ne lui inspire pas le rejet. Ainsi, il paraît plus judicieux de procéder par étapes, le végétalisme et l'inédie appartenant au futur de l'humanité. Quoi que l'on pense, cela surviendra, mais chaque chose en son temps.

 

 

P.S. On me reproche de vouloir biaboliser le végétalisme. Loin de moi cette intention ! Certes, le dogmatisme de certains végétaliens n'est rien à côté de celui des acteurs de la filière viande. Mais on est sans doute plus exigeant avec les végétaliens, car ils sont sensés servir d'exemples.

Je maintiens que, tout comme une personne ne saurait passer directement d'un régime omnivore à un régime végétalien, ce qui pourrait être très mal toléré par son organisme, notre société ne peut envisager de brûler l'étape du végétarisme. Il lui faut un pallier de décompression, ainsi qu'un plongeur remontant à l'air libre.

 

On trouvera de plus amples développements sur le régime végétalien pages 19 à 22 de mon e-book Être végétarien, le bon choix ? ( Livre téléchargeable)

 

 


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Published by ISISRET - dans TRIBUNE LIBRE
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commentaires

Louna 08/01/2012 19:13

Ce sujet est récurrent au sein des militants végés, et marque bien un certain raz-le-bol de la part de ceux qui font des efforts au quotidien, mais jamais assez aux yeux de certains.
Ces militants agressifs oublient que la forme est aussi importante que le fond, pour qu'un message soit efficace.
Expliquer le véganisme à un végétarien avec patience, amitié et diplomatie, est certainement beaucoup plus porteur, plutôt que de le froisser dans son ego, avec reproches et mépris.

Ceci dit, il faut avoir assez d'humilité pour dépasser la forme et accepter la critique. Mais lorsque je lis que les animaux nous offrent leurs produits, je trouve cette idée aussi ahurissante que
celle du cri de la carotte. Et je comprends que la réflexion n'aille pas plus loin...

Aussi, le fait d'encourager les omnivores au végétarisme, en mettant en avant qu'ils peuvent inclure les produits laitiers et les oeufs, cela pose problème, puisque çà sous-entend que ces derniers
ne causent pas de souffrance chez les animaux.
Il faut bien comprendre que tout ce qui provient d'un élevage cause de la souffrance. Je peux comprendre ceux qui consomment les oeufs de leurs propres poules.
Le plus juste, selon moi, et d'après tout ce que j'ai pu en lire, est d'encourager les omnivores à réduire progressivement leur consommation de "produits animaux" quels qu'ils soient, et ce, comme
j'ai dit, avec amitié, patience et diplomatie.

Marjolaine Jolicoeur 08/01/2012 15:57

Pouvez-vous donner un exemple concret de votre affirmation du « danger » pour notre organisme de passer au végétalisme?
Est-ce que votre position sur « notre société » ne révèle-t-elle pas votre propre résistance à abandonner les oeufs et les produits laitiers?
Si Gandhi vivait à notre époque, je suis certaine qu'il serait vegan à la vue de toute la violence faite aux vaches, aux veaux et aux poules.

Marjolaine Jolicoeur 07/01/2012 21:03

Bonjour Yves:

Je ne comprends pas votre démarche de vouloir diaboliser ainsi le végétalisme. Est-ce une résistance de votre part à ne pas vouloir abandonner la consommation d'oeufs et de produits laitiers?

Vous écrivez que « le végétalisme est encore prématuré pour notre époque. » Vous semblez oublier que le végétarisme tel qu'il est compris et pratiqué en Inde (dans l'hindouisme, le jainisme mais
aussi dans le bouddhisme) exclu les oeufs, car ils sont considérés comme de la « viande liquide». Et ce semi-végétalisme en quelque sorte est bien antérieur à notre époque et date de plusieurs
siècles sinon de millénaires et concerne des millions d'individus.

Il est assez ridicule d'écrire comme dans le Peuple Animal que « les produits laitiers et les oeufs sont en fait des sortes de fruits que nous offre le monde animal ». Il faudrait demander à la
vache si elle aime vraiment qu'on lui enlève son veau de quelques jours pour l'amener à l'abattoir afin d'alimenter le marché de la viande de veau.

A notre époque justement et dans notre société, la veau n'est pas un « fruit », mais un être vivant dont les droits les plus élémentaires sont bafoués par l'industrie laitière et du boeuf. (les
deux sont liés)

Quand aux oeufs, il est absolument facile de s'en passer et de concocter des recettes sans oeufs tout à fait délicieuses. Idem pour les produits laitiers. Il y a de plus en plus sur le marché des «
faux-fromages », à base de lait de soya ou de riz. Ou on peut en faire soi-même avec du tofu et de la levure alimentaire Red Star.

D'un point de vue environnemental, l'élevage du boeuf, de la vache et de son veau est une catastrophe écologique à tout points de vue: gaspillage de l'eau, des céréales, gaz à effets de serre et
désertification. Et cela concerne aussi le lait ou la viande de l'élevage biologique. Parce qu'on ne peut faire de « fromage biologique », sans avoir recours à un veau qui finira à l'abattoir.

Votre site est rempli de Gandhi et d'appels à la non-violence. Il faudrait que vos écrits se penchent sur la violence de la consommation de lait et d'oeufs, sur la violence faite aux vaches et aux
poules, sur la violence infligée à la planète par l'élevage de ses animaux.

La non-violence est un concept global, qui ne doit pas se dérober quand on a envie de continuer à manger certaines choses que l'on aime, comme du fromage ou des oeufs.

Peut-être devriez-vous écrire sur l'intolérance des carnivores, des vivisecteurs, des marchands de fourrure et des chasseurs attirés par l'appât du gain et du profit...

Marjolaine Jolicoeur - A.H.I.M.S.A - http://liberationanimale.wordpress.com