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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 12:33

 

À première vue, on pourrait penser que l'on mange de la viande par goût ; pour le plaisir gustatif pervers de consommer du cadavre d'animal en quelque sorte. Mais tous ceux qui mangent de la viande n'ont pas cette attirance morbide. Non, la principale raison pour laquelle les gens consomment de la viande est d'ordre culturel.

Chacun a besoin de s'assimiler à un groupe social dans lequel il se reconnaît et dont il respecte les codes. Or notre société a placé la viande à la pointe de sa gastronomie et la publicité insistante du lobby de la viande nous enjoint de respecter ce code social, en nous promettant que l'on en retirera du plaisir.

Vous avez certainement déjà vu cette pub à la télé avec des anges qui se joignent à des démons pour savourer de la viande. Un spot qui met mal à l'aise ceux qui se sont justement détachés de la viande.


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Car cette publicité contient un secret machiavélique : nous sommes différents les uns des autres, non tant par nature que par choix. Tout l'art des publicitaires consiste à nous influencer par la ruse. Et ceux qui tirent discrètement les ficelles de notre comportement aimeraient bien nous attirer sur la pente descendante. Pour cela, on nous laisse entendre que la viande est une denrée enviable, comme si nous étions tous des carnassiers. Mais lorsqu'un herbivore se réveille et s'aperçoit qu'il vit au milieu d'une bande de carnivores, il y a un problème. On a vu ce que cela donnait lorsqu'on fait manger des farines animales à des ruminants ! (Il faut croire que cela n'a pas servi de leçon puisque l'Union Européenne est en passe d'autoriser à nouveau les farines animales dans l'alimentation du bétail).

 

Le monde évolue à grande vitesse et il vaut mieux aller dans le sens du courant que d'essayer désespérément de nager dans le sens inverse. Si vous ressentez une attirance pour la Nature, l'alimentation saine et vivante, suivez votre intuition et délaissez les aliments pour lesquels vous ressentez de la répulsion, la viande en particulier.

Le problème, c'est que nous sommes à une période charnière. Le vieux monde est fissuré de toutes parts et s'apprête à s'écrouler. Mais le nouveau monde ne sortira pas d'un trait, comme un lapin d'un chapeau. C'est à nous d'adopter de nouveaux comportements dans notre vie de tous les jours. Pour cela, il faut sortir du groupe dominant et accepter d'être vilipendé pour notre attitude non conformiste. Les précurseurs sont souvent sacrifiés, alors qu'ils servent de phare à la communauté.

Dans les époques de crise profonde, comme celle que nous traversons actuellement, on rencontre aussi bien des attitudes de bassesse que d'héroïsme. Que l'on se rappelle la débâcle de 1940 et l'occupation allemande qui s'en suivi. Si le gouvernement de Vichy incitait alors à dénoncer les résistants, il y avait aussi des "Justes" qui mettaient leur existence en danger pour sauver des innocents. (La comparaison pourra paraître disproportionnée à certains, mais le temps risque hélas de me donner raison).

On nous a toujours persuadé qu'il valait mieux être le loup que l'agneau, mais nous ne sommes pas tous des prédateurs ; chacun suit sa propre inclination. Ceci dit, être martyre n'est pas un but en soi. Il faut plutôt chercher à mettre en œuvre un idéal de fraternité.

 

Mais attention ! Si de nombreuses personnes deviennent subitement végétariennes, l'industrie de la viande - jadis florissante - pourrait bien péricliter. Certains ne manqueront pas alors d'avancer que nous devons manger de la viande par civisme, pour sauver la filière et les emplois qui vont avec. En somme, si DOUX - le géant breton de la volaille - dépose le bilan, ce n'est pas à cause d'erreurs de management, mais parceque nous n'avons pas mangé assez de poulet ! Avec un tel raisonnement, rien ne vaut les usines d'armement pour développer l'emploi. Il faut savoir rester ferme dans nos convictions et ne pas nous laisser abuser par ceux qui cherchent à nous attribuer le poids de leurs propres erreurs de jugement.

 

[À propos de DOUX, il y en a un qui ne manque pas d'air, c'est Michel-Édouard Leclerc. Il a fait savoir qu'il était de tout cœur au côté des salariés en passe d'être licenciés, alors que sa politique commerciale est l'une des causes de la faillite du volailler. En effet, LECLERC a réussi a devenir l'enseigne la moins chère de France en pressant ses fournisseurs comme des citrons. C'est justement parceque DOUX est resté intransigeant en refusant de baisser ses tarifs qu'ils a perdu d'importantes parts de marché dans la grande distribution. À cela il faut ajouter des investissements hasardeux au Brésil où sa filiale faisait concurrence à la maison-mère française.]

 

Ainsi, l'argument économique apparaît comme la dernière tentative d'un système à bout de souffle pour nous faire rentrer dans le rang. L'objectif étant de contrôler les individus. Pour cela, on les empêche de réfléchir en les plongeant dans une torpeur favorisée par une alimentation malsaine. Si vous désirez vous affranchir des tutelles politique et religieuse, attendez-vous à des mesures d'intimidation. Ces gens-là ont horreur des hommes libres et indépendants. Ils préfèrent ceux qui se soumettent. Car être végétarien, c'est adopter un mode de vie différent, en faisant un pied-de-nez aux idées recues. Mais l'exception d'aujourd'hui (2% de végétariens en France) pourrait bien devenir la norme demain. À condition que nous fassions preuve de persévérence...

 

 

 

 

 


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Published by ISISRET - dans TRIBUNE LIBRE
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Giannuzzi 07/07/2012 11:44

Le fait de manger ou pas de la viande est une question de conscience ce qui est valable pour notre comportement en général. Notre santé dépend aussi du respect des lois de la nature et de notre
devoir d'avoir un état d'esprit de pacifisme intégral. En mangeant le fruit de souffrances, on ne peut que recevoir de la souffrance. Je suis végétarien à 100% comme je l'ai déjà dit et il n'y a
aucune crainte de carence. Il n'y a rien à compenser quand on ne mange pas du cadavre.
Merci pour votre article.
Bien à vous.
Carlo.