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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 22:58

 

Elisabeth de Fontenay est une philosophe française préoccupée par l'éthique animale. Le magazine CLES de octobre-novembre 2011 lui consacre une interview intéressante, qui éclairera ceux qui s'interrogent sur leur positionnement face au monde animal. Dans cet entretien, la philosophe aborde la vision anthropocentrique des humanistes, ainsi que l'influence des doctrines juive et chrétienne sur notre relation à l'animal.

Par ailleurs, Elisabeth de Fontenay a établi très tôt "un lien entre la solution finale  des nazis et l'industrialisation de l'élevage et de l'abattage". Il faut dire qu'une partie de la famille de sa mère juive est morte en déportation à Auschwitz.

Elle s'oppose au négationisme de Luc Ferry et cite les travaux de Catherine et Raphaël Larrère d'après lesquels "nos ancêtres, même les plus récents, avaient passé un contrat avec les animaux qu'ils domestiquaient". Cette remarque pertinente me rappelle une anecdote.

J'ai rencontré jadis en Inde un charmeur de serpents qui possédait - entre autres - un cobra royal. C'est un animal impressionnant, de près de 2,50 mètres de long et capable de tuer un éléphant avec son venin. Pour le capturer, dans la jungle de l'Assam, le charmeur avait passé un contrat avec le serpent, lui promettant de bien le nourrir et de prendre soin de lui. Moyennent quoi le serpent avait accepté de perdre sa liberté de mouvement de bête sauvage pour côtoyer le monde des humains.

Aujourd'hui, nous n'avons plus aucun respect pour les animaux destinés à l'alimentation humaine, si l'on en juge par leurs pitoyables conditions de détention dans les élevages industriels. Quel bénéfice l'animal peut-il acquérir d'une telle vie de souffrances ? Et l'homme ne s'annoblit pas à élever des animaux dans ces conditions, ni à manger la viande qui en est issue.

 

À la question : Que faire ? Devenir végétarien ?, Elisabeth de Fontenay répond :

"Il est urgent que nous passions un nouveau contrat avec l'animal domestique. Non pas revenir en arrière, mais repenser nos rapports aux bêtes et de tout faire pour démanteler ces industries de la honte. Cela n'est certes pas évident, puisque c'est tout un pan de l'alimentation planétaire qui est concerné. À défaut de devenir végétarien - ce qui serait l'idéal -, apprendre à manger beaucoup moins de viande serait déjà un progrès".

Voilà une philosophe dans le vrai sens du terme, la philosophie étant - d'après son étymologie grecque - l'amour de la sagesse.

Pour Elisabeth de Fontenay, il faut enseigner aux jeunes générations à ne pas manger trop de viande. Surtout, il faut "leur expliquer, dès le plus jeune âge, qu'il s'agit toujours d'abord d'un animal, dont on a pris la vie pour se nourrir".

En somme, aimer c'est respecter.

 

 

Lien vers l'article de CLES

 

En collaboration avec Alain Bougrain-Dubourg, Elisabeth de Fontenay anime sur France Inter Vivre avec les bêtes, une émission de radio consacrée aux animaux.

 


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Published by ISISRET - dans TRIBUNE LIBRE
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