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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 18:20

 

L'Union Végétarienne de France a longtemps diffusé une brochure très complaisante vis-à-vis du soja. Et pour cause, la dite brochure était publiée par "Nutrition & soja", une émanation des industriels de la filière. Le dit document est actuellement épuisé et ce n'est pas plus mal comme ça !

D'un autre côté, des auteurs comme Kaayla T. Daniel diabolisent le soja. (Son livre Soja, ami ou ennemi de notre santé, qui avait fait l'objet d'une souscription début 2012, n'est toujours pas sorti en mars 2013).

Qui croire ?


Nous avons du reste déjà abordé ce sujet dans notre e-book Être végétarien, le bon choix ? ( Livre téléchargeable) sous le titre "Le soja est-il toxique ?" pages 158 à 164.


Il peut être tentant pour un végétalien de faire une consommation importante de soja, souvent considéré comme le substitut par excellence des protéines animales. Certes, le soja est réputé pour sa teneur exceptionnelle en protéines (35 à 40 %). Et quoi de plus pratique que cet aliment, maintenant disponible sous de nombreuses formes dans les magasins spécialisés. Sauf que, pour un athlète de haut niveau, un aliment riche en phyto-œstrogènes (les iso-flavones) s'avère contre-productif. Les sportifs qui ont recours au dopage recherchent plutôt des hormones mâles comme la testostérone ! On en a eu la preuve dans l'actualité ces derniers jours avec un célèbre coureur cycliste.

Dans le pire des cas un abus de soja pourrait provoquer un développement mammaire pas forcémment bienvenu chez un homme. L'abus de bière riche en houblon - autre plante œstrogène-like - peut produire cet effet.  D'autre part, le soja est un aliment potentiellement allergisant et les personnes intolérantes aux œufs ne le supportent pas en général.

 

En somme, le soja est plus à réserver à la femme ménopausée qu'au sportif, surtout s'il constitue une part importante de la ration alimentaire.


N'oublions pas, d'autre part, quelques sources essentielles de protéines pour le végétarien comme pour le végétalien :

  • Les légumes secs traditionnels : lentilles (25 % de protéines), haricots (20 %), pois cassés (22 %), pois chiches (20 %), fèves (23 %) et lupin (44 %). Ils doivent cependant être consommés modéremment - surtout chez les tempéraments VATA - sous peine de ballonnements
  • Les graines oléagineuses, également riches en protéines : noisette (16 %), amande (25 %), noix (14 %), noix de cajou (20 %), pistache (25 %), pignon de pin (16 %), arachide (26 %), graines de tournesol (20 %), de sésame (17 %) et de courge (25 %). La seule réserve sur ces trois dernières (tournesol, sésame et courge) étant leur absence d'omega 3, les oméga 6 très présents pouvant accentuer les problèmes de peau et autres maladies inflammatoires. Au contraire, la noix a une bonne teneur en oméga 3, dont nous sommes presque tous déficitaires et un rapport Ω6/Ω3 harmonieux de 4.
  • Certaines céréales comme l'épeautre (16 %), le kamut (17 %) et le quinoa (14 %), ce dernier étant dépourvu de gluten potentiellement allergisant.
  • Et n'oublions pas l'ortie fraîche avec 5,5 % de protéine (soit 35 % sur la matière sèche), plus que dans n'importe quel légume. 


Cependant, il ne faudrait pas faire une fixation sur les protéines.

Leur consommation en excès est cause d'un encrassement de l'organisme (foie et reins en particulier) et de dépôts d'acide urique au niveau des articulations, sources de rhumatismes. On sait aussi que, tout comme le sucre, les protéines favorisent la croissance des cellules cancéreuses...  

Elles constituent principalement un aliment des muscles, surtout utile en période de croissance, chez les travailleurs de force et chez les sportifs. Et on connaît l'importance accordée par les athlètes à leur ration quotidienne de protéines. Le mythe du végétarien carencé en protéines viendrait d'une idéologie qui valorise la compétition ; cette dernière n'étant qu'une manière d'apprendre aux individus à se marcher les uns sur les autres. Les "mangeurs de soja" seraient alors perçus comme des femmelettes, des idéalistes. Mais pourrons-nous bâtir un monde meilleur en essayant toujours d'écraser l'autre ?

 

 

P.S. Curieusement, le magazine "Principes de Santé" de janvier 2013, qui vient de paraître, aborde le thème des phyto-hormones et du soja en particulier (page 14) sous la plume du Dr Éric Menat. Je le cite :

 

Le cas particulier du soja

 

"J'ai l'habitude de dire que le soja n'est ni un bon ni un mauvais aliment. Mais le soja est aussi connu pour sa teneur en phyto-oestrogènes. Pourtant, les études montrent que les femmes qui consomment du soja avant la ménopause ne font pas plus de cancer. En effet, les hormones comme les oestrogènes ont un effet sur le sein grâce à leur fixation sur un récepteur hormonal situé à la surface des cellules mammaires. Les phyto-oestrogènes se fixent sur le même récepteur, mais ont un effet hormonal 10 000 fois moins puissant que les hormones chimiques. C'est pour cela que vous pouvez consommer un peu de soja. Certains spécialistes affirment même qu'avant la ménopause, la consommation régulière de soja pourrait réduire le risque de cancer, mais les preuves ne sont pas suffisantes pour le conseiller sans réserve. Après la ménopause, le soja reste neutre, voire protecteur, uniquement pour les femmes en sur-poids. Pour les femmes minces, il pourrait augmenter le risque de cancer".

 

 

Sur le même sujet, voir l'article publié dans la Newsletter de Jeudi-Veggie Toute la vérité sur les "phyto-oestrogènes" :

 

http://www.jeudi-veggie.fr/toute-la-verite-sur-les-phyto-oestrogenes.html?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=Ptit_V%C3%A9g_n%C2%B0_152

 


 

 

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Published by ISISRET - dans TRIBUNE LIBRE
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